Sa vie

1985-2015, Trente ans d'acquisitions


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  • 19 Octobre 2015 / 25 Mars 2016
  • Fondation Dubuffet, Paris
  • Commissaire : Sophie Webel
Dossier de presse
Les trente années qui se sont écoulées depuis la disparition de Jean Dubuffet, le 12 mai 1985, témoignent de la vitalité de sa fondation créée par lui douze ans avant son décès. Trente années pendant lesquelles la fondation a continué à mener les missions que l'artiste lui avait confiées. Trente années pendant lesquelles elle a contribué à enrichir son fonds artistique, grâce à des achats, dons, legs ou échanges.

Quelques mois avant la fermeture de ses locaux parisiens pour travaux, c'est sa politique d'acquisition que la fondation met en avant, révélant une institution active et bien vivante depuis le décès de son fondateur.

L'exposition organisée en 2014 au Fonds Hélène&Edouard Leclerc - réunissant pour la première fois des oeuvres de la « donation Jean Dubuffet » au musée des Arts décoratifs et d’autres provenant de la Fondation Dubuffet - a permis de mettre en exergue l'une des préoccupations majeures de l'artiste : constituer un ensemble représentatif de ses oeuvres, « une parfaite documentation pour qui veut étudier le développement de mes travaux ». Avec le recul, il est certain que la donation au musée des Arts décoratifs était un « essai » de mise en application de son propos qui le conduira, quelques années plus tard, à créer une structure indépendante qu'il pouvait maîtriser.

Le remarquable ensemble que constitue la donation au musée des Arts décoratifs en 1967 (21 peintures, 144 oeuvres sur papier, 7 sculptures et de nombreuses lithographies) n'a pas été unique en son genre. Ainsi de la collection des estampes, plus de 600, constituée entre 1961 et 1967 grâce à son ami Asger Jorn pour le musée de Silkeborg au Danemark ou l'ensemble d’une vingtaine de gouaches et dessins que Dubuffet offre au Museum of Modern Art de New York en 1968 en l'honneur de ses amis Mr. & Mrs. Ralph Colin. Durant cette période des années 1960, Dubuffet fait plusieurs dons à des institutions : au Stedelijk Museum d'Amsterdam en 1966, à la Tate à Londres la même année, au Art Institute de Chicago en 1967 ... autant d'oeuvres que l'artiste avait délibérément conservées pour lui-même et qu'il décide d’offrir à des musées avant de créer sa propre fondation en 1973.

De ce fait, en ne considérant que les peintures, sur les 460 qu'il donne à la Fondation entre sa constitution et son décès, une petit cinquième seulement - 85 exactement - datent d'avant 1973.

La politique de la fondation a donc été de privilégier l'acquisition d'oeuvres anciennes, celles des années 1940 et 1950, tout en prêtant attention à la période dite de la «préhistoire », constituée par les oeuvres de jeunesse et les premières tentatives de l'artiste, révélatrices à la fois d'influences et de son oeuvre à venir.