|
Collection
de l'Art brut
" L'art ne vient pas coucher dans les lits qu'on a faits pour
lui; il se sauve aussitôt qu'on prononce son nom : ce qu'il
aime c'est l'incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie
comment il s'appelle ".
Les fortes positions anti-culturelles de l'artiste ont très
vite amené Jean Dubuffet à s'intéresser et
à rechercher de nouvelles formes d'art, loin de toute production
officielle.
Le terme d'art brut apparaît dès 1945, lorsque Jean
Dubuffet effectue ses premiers voyages de prospection d'uvres
marginales en Suisse et en France.
Deux ans plus tard, le marchand René Drouin met à
sa disposition le sous-sol de sa galerie, place Vendôme à
Paris, qui devient le Foyer de l'art brut. Ce lieu, inauguré
avec les Barbus Müller, accueille ensuite des expositions consacrées
à Wölfli, Crépin, Aloïse, Salingardes, Forestier,
Juva et Hernandez.
|
|
|
|
| En
automne 1948, le Foyer
de l'art brut est transféré dans un pavillon
prêté par l'éditeur Gaston Gallimard et
devient la Compagnie de l'art brut, dont les membres fondateurs
sont Jean Dubuffet, André Breton, Jean Paulhan, Charles
Ratton, Henri-Pierre Roché, Michel Tapié et Edmond
Bomsel. Le peintre Slavko Kopac assure le rôle de conservateur
de la Collection. |
 |
 |
 |
|
|
 |
 |
En
octobre 1949, la galerie René Drouin expose 200 uvres
de 60 différents auteurs. Le texte du catalogue, intitulé
L'ART
BRUT PREFERE AUX ARTS CULTURELS, rédigé
par Jean Dubuffet, définit la notion d'art brut : "
Nous entendons par là des ouvrages exécutés
par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquels
donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe
chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que
leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux
mis en uvre, moyens de transposition, rythmes, façons
d'écriture, etc.) de leur propre fonds et non pas des
poncifs de l'art classique ou de l'art à la mode. Nous
y assistons à l'opération artistique toute pure,
brute, réinventée dans l'entier de toutes ses
phases par son auteur, à partir seulement de ses propres
impulsions. De l'art donc où se manifeste la seule fonction
de l'invention, et non celles, constantes dans l'art culturel,
du caméléon et du singe ". |
En 1951, la
Compagnie de l'art brut est dissoute et cesse toute activité.
La Collection est expédiée aux Etats-Unis chez le
peintre Alfonso Ossorio, à Long Island. Elle y demeurera
pendant plus de 10 ans, sans véritable statut.
|
|
|
|
| En
1962, Jean Dubuffet achète un immeuble 137, rue de Sèvres
(actuel siège de sa Fondation)
afin de faire revenir la Collection de l'art brut à Paris.
Celle-ci comprend alors environ 1.200 uvres dues à près
de cent auteurs différents. Une centaine d'uvres nouvelles,
rassemblées en France depuis 1959, rejoignent la Collection. |
 |
 |
 |
|
|
|
La Compagnie
de l'art brut est reconstituée. Elle devient un centre
d'études fermé au public, qui accueille sur rendez-vous
les visiteurs intéressés. Slavko Kopac assure à
nouveau le rôle de conservateur de la Collection. Les premiers
fascicules de l'art brut paraissent, les recherches se multiplient
et le nombre d'uvres augmente considérablement.
En 1967, le Musée des arts décoratifs à Paris,
présente une sélection de 700 uvres dues à
75 auteurs.
Soucieux de donner à la Collection un statut définitif
Jean Dubuffet engage, au début des année 70, des pourparlers
en France et en Suisse. En 1972, il décide finalement d'en
faire don à la Municipalité de Lausanne, où
elle sera définitivement transférée en 1975,
au Château de Beaulieu, spécialement aménagé
à cet effet. Michel Thévoz est nommé conservateur
de la Collection.
 |
 |
L'inauguration
a lieu le 26 février 1976. Elle rassemble plus de quatre
mille deux cents uvres de 145 auteurs de personnalité
aussi différente que Aloïse, Adolf Wölfli,
Scottie Wilson, Emile Ratier, Heinrich Anton Müller, Pascal
Maisonneuve, Augustin Lesage, Laure, Carlo ou encore Raphaël
Longé, pour n'en citer que quelques uns. |
 |
|
|
A
aucun moment, Jean Dubuffet n'aura mêlé ses propres
uvres à celles de la Collection de l'art brut.
En revanche, il en aura été l'inventeur, le prospecteur,
le rassembleur, le théoricien, à travers ses écrits,
les études menées par la Compagnie de l'art brut
et surtout la constitution de la Collection. C'est la raison
pour laquelle le nom de Jean Dubuffet est - et sera toujours -
indissociable de celui de l'art brut.
En 2001, 30.000 uvres font partie de la Collection de
l'art brut et 21 fascicules ont été publiés. |
 |
 |
 |
|
|
liens :
Collection de l'art brut
Avenue des Bergières 11
1004 Lausanne - Suisse
www.artbrut.ch
|
|